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14 Jan 2008

La pénurie de main d'oeuvre stimule la fibre familiale des firmes allemandes

BERLIN, 10 jan 2008 (AFP) - Pénurie de main d'oeuvre oblige, les entreprises allemandes sont prêtes à tout pour s'attirer les faveurs du personnel qualifié. Même à composer avec les impératifs familiaux de leurs salariés voire, de plus en plus, à accueillir leur progéniture.

Depuis quelques mois, fabricants de machines, constructeurs automobiles ou entreprises de logiciels allemands sont handicapés par le manque de main d'oeuvre qualifiée. Ce sont ainsi quelque 50.000 ingénieurs qui manquent à l'appel, forçant les entreprises à refuser des contrats, et pesant sur la performance économique de tout le pays.
Dans le même temps, avec 62,2% de taux d'emploi des femmes, l'Allemagne a encore un potentiel inexploité, à savoir une grande partie de la gent féminine. La première économie européenne pointe ainsi loin derrière ses voisins scandinaves, néerlandais ou autrichien.
Et pourtant, "dans le domaine commercial, les femmes sont meilleures que les hommes", et elles sont aussi douées dans les matières techniques. Günter Kirn dirige Werma, PME spécialisée en signalétique implantée non loin du Lac de Constance (sud-ouest), et ne tarit pas d'éloges sur ses collègues du sexe faible. Seul problème, "les femmes ont des enfants".
Dans un pays où les structures d'accueil des petits sont une denrée rare, et où l'école ne dispense ses cours que jusqu'à la mi-journée, la difficulté à conjuguer vie familiale et vie professionnelle fait que nombre d'entre elles laissent de côté leur carrière.
Alors en attendant que les plans du gouvernement ne deviennent réalité --la ministre de la Famille prévoit de tripler les places en crêche et garderies d'ici 2013, pour pouvoir en offrir à un tiers d'une classe d'âge-- les entreprises réagissent.
"En tant que société, nous ne pouvons pas nous permettre de perdre des salariés et leurs compétences, juste parce qu'ils fondent une famille", reconnaissait il a quelques mois Dieter Zetsche, patron du constructeur automobile DaimlerChrysler. En conséquence, le groupe a inauguré en septembre des crèches d'entreprise sur quatre de ses sites allemands.
Les parents salariés de Commerzbank, Siemens ou encore Deutsche Telekom peuvent aussi faire garder leur progéniture sur leur lieu de travail. Selon le ministère de la Famille, 3,5% des entreprises offraient cette possibilité en 2006, mais 36% déclarent l'envisager ou l'étudier activement, un pourcentage qui monte à 45% chez celles de plus de 250 salariés.
Mais les petites et moyennes entreprises, qui n'ont souvent ni la masse critique ni les moyens financiers pour fonder leur propre structure d'accueil, doivent rivaliser d'imagination pour rester dans la course.
Chez la société de logiciels berlinoise Infopark, "nous avons réfléchi il y a quelques semaines à une crèche", explique le patron, Bernd Völcker. Mais avec ses 80 salariés, l'entreprise ne peut pas se permettre une telle initiative. En revanche "les gens peuvent facilement travailler de chez eux, ou amener leurs enfants".
Chez Werma aussi, tout est possible. Comme pour ces trois salariées qui "se partagent un poste à trois, je leur ai dit +Faites comme vous voulez du moment qu'il y en a toujours une qui est là+ et ça marche à merveille", explique M. Kirn.
"Les entreprises sentent qu'elles doivent s'engager pour ne pas être distancées dans la course alors que la main d'oeuvre se fait de plus en plus rare", comment la fédération des chambres de commerce DIHK. A défaut de solutions maison, nombreuses sont celles qui soutiennent financièrement la garde des enfants.
Et si cela ne suffit pas, il faut réfléchir à d'autres hameçons. Ainsi à la cantine de Werma, "la salade est gratuite, l'eau minérale Evian aussi", énumère M. Kirn. De même que les massages pour employés tendus. (par Mathilde Richter, AFP)

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